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Il
demeure, à 55 ans, le chef d’orchestre héraultais le
plus célèbre. Extrait du
Midi-Libre
Paul Selmer a toujours le cœur ancré sur scène.
Depuis quarante ans, le roi du bal populaire
égaye les fêtes de village de la région.
« On dit que nul n’est prophète en son pays. Moi,
cela fait 40 ans que je tourne dans le département. »
Aucun
héraultais de souche ou d’adoption n’oserait dire le
contraire. Car Paul Selmer est au bal populaire ce que
Georges Frêche est au microcosme politique local :
incontournable !
Du Pouget à Lespignan, d’Agde à Pomerols, de Meze à
Florensac, son Orchestre a sillonné toutes les fêtes
de village. Paul Selmer et ses musiciens sont les
gardiens du temple fragile de la tradition rurale.
Leurs 40 ans de tournée leur ont permis d’être les
témoins privilégiés de la vie dans nos campagnes et
sur nos plages.
La première fois que Paul Balsier (son vrai
nom), piscénois et fils de courtier en vin,
monte sur scène, il a 15 ans à peine. Déjà, son
sourire charmeur, son inébranlable optimisme et son
talent de musicien attirent les foules.
Mais l’histoire commence alors qu’il a 10 ans :
il fait renaître l’harmonie fanfare de Pézenas.
Il trouve le prof, M. Caraillon, et 10 copains,
réquisitionnés dans la cour d’école. Il apprend alors
le clairon, mais veut jouer de la trompette.
Finalement, ce sera le trombone à coulisses. Beau
gosse mais pas très grand, ses bras ne sont pas assez
longs pour jouer toutes les positions. Monsieur est
très têtu, il persévère. La fanfare atteint rapidement
les 80 musiciens, une classe de solfège est créée.
Mais ce n’est pas assez.
Nous étions en 1962 : je voulais monter sur
scène.

Aussitôt dit, aussitôt fait : les New Orléans
naissent.

Il nous a fallu 6 mois pour nous apercevoir que nous
n’avions pas le niveau.
Les Sadems prennent alors le relais. Pendant
1an et demi seulement.
Nous voulions imiter les grands orchestres style «
Copacabana », avec des moyens moindres. La fougue de
la jeunesse n’a pas suffi.
Puis un jour, le déclic :
Nous avons fait des chansons commerciales dans
l’esprit des créateurs.
Pour jouer un morceau des Beatles, par exemple, 4
garçons chantent sur le devant de la scène.
En 3 mois, nous avons explosé ! Nous avons répondu à
une envie des jeunes qu’ils n’avaient pas encore
exprimée.
Il devient, à 17 ans, chef d’orchestre Paul Selmer.
Un leader modeste :
J’avais le téléphone à la maison, c’était plus facile
pour les contacts.
Un représentant autorise le jeune loup aux dents
longues à porter ce nom, semblable à celui de Rolls
des saxophones. Rien ne peut arrêter le succès
populaire de l’orchestre Paul Selmer. Le groupe
s’essaye à la composition… mais ne perce pas.
« Mieux vaut être le premier de sa catégorie que
boxer dans une autre, hors de portée. » L'homme a
toujours le bon mot.
Il poursuit :
« l’âge aidant, je préfère être un coach heureux
qu’un mauvais buteur ! »
Sa sagesse, qui transparaît dans son regard et son
sourire éclatants, explique sa longévité. L’orchestre
est passé de 7 musiciens à 25 aujourd’hui. 17
sont sur scène, les autres s’affairent dans les
coulisses. Mais tous sont capables de jouer d’un
instrument. Outre les bals d’été, la formation anime
près de 110 galas par an.
Le chef d’orchestre relativise :
« Nous n’allons jamais travailler, nous allons
jouer. C’est totalement différent. »
Le
plaisir est la clé du succès :
« Chaque composante du groupe se sublime sur scène.
Tout le monde s’amuse, et la joie est communicative !
»
Le groupe est soudé. La preuve : en 2000,
l’orchestre se fait cambrioler. Le préjudice s’élève à
909 000 F. Un seul membre n’a pas surmonté
l’épreuve. Tous les autres se sont serrés les coudes.
Mais le secret de la réussite réside aussi dans le
répertoire :
"Nos morceaux donnent envie de bouger. Le public
écoute à 40% et danse à 60%".
Un morceau sur 3 est accompagné de danseuses.
Elles changent de costume à chaque passage. Il faut
faire rêver. Les musiciens, de 18 à 26 ans, enchaînent
les derniers tubes et ceux du passé.
Martine, son épouse, Doris, sa fille
aînée, sont à ses côtés. Elles gèrent aussi le volet
administratif et artistique. Julia, 15 ans,
pourrait suivre le même chemin...
Paul Selmer, lui, semble plus jeune que jamais.
Il n’envisage pas de raccrocher.
« A 15 ans, nous avons ressourcé nos profs, et eux
nous ont éduqué. Aujourd’hui, c’est l’inverse. J’ai un
rôle de sage à jouer… »
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